Carnet de voyage
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Etape 13 : La Tribu Akha avec Novica (14/09/2010)
Novica, notre entrepreneur à Chiang Mai, propose de l’artisanat provenant d’un village de la tribu Akha. Les territoires habités par la tribu des Akhas s’étendent dans les montagnes, sur toute la région, à travers plusieurs pays, dont la Birmanie, la Thaïlande, et la Chine. Grâce à Novica, nous avons pu nous rendre dans ce village, pour y rencontrer trois générations de femmes artisans.
Aphi Mina est la plus vieille femme de la tribu. Shaman et chef spirituel de tout un village, elle incarne, à 89 ans, la tradition et l’histoire du peuple Akha. Elle a quitté la Birmanie à la mort de son époux pendant la guerre civile dans les années 1960. Installée en Thaïlande, elle vit aujourd’hui de la couture car, depuis la disparition de son fils et de son petit fils, il n’y a plus d’hommes pour travailler la terre.
Notre guide, c’est Jim Goodman, un américain qui a passé plus de la moitié de sa vie en Asie, passant les frontières, du Népal à la Corée et jusqu’en Thaïlande où il a élu domicile depuis maintenant plus de vingt ans. Il partage sa vie avec les cultures nomades d’Asie du sud-est, particulièrement avec les tribus du Vietnam, de Thaïlande, et du sud de la Chine. Nous le rencontrons alors qu’il s’apprête à rendre visite à Aphi Mina et sa famille, comme il le fait environ tous les mois, pour leur apporter des articles d’artisanat à compléter ou à modifier.
Ethnologue, écrivain et photographe, Jim Goodman est un homme modeste qui partage avec nous son expérience et ses incroyables histoires. Il a publié plus d’une douzaine de livres sur les cultures de l’Asie du sud-est. Jim nous apprend qu’autrefois, toutes les femmes Akha portaient le costume traditionnel qu’Aphi Mina porte tous les jours. Sa coiffure d’argent et d’étoffe de deux kilos, elle dort avec, et elle ne l’enlève que pour se laver les cheveux. Aujourd’hui, les jeunes générations de femmes de la tribu portent de moins en moins cet uniforme traditionnel et s’éloignent de l’agriculture pour préférer la vie urbaine.
Dans la capitale, les jeunes Akha sont ensevelis par des tentations jusqu’alors inconnues. Le résultat est prévisible mais inévitable : les garçons trouvent souvent des emplois médiocres, dont les maigres salaires sont rapidement engloutis par le jeu, l’alcool et la drogue sans laisser un centime à envoyer à leurs familles. Les filles sont entraînées dans la prostitution, un univers qui se trouve souvent être la seule solution pour une majorité de filles thaïlandaises venues de milieux pauvres.
Au village, depuis maintenant plusieurs années, une nouvelle arrivée menace la culture des Akhas. Des missionnaires chrétiens venus surtout de Corée, de Taiwan ou encore, des Etats-Unis se sont installés petit a petit dans les villages de la région. Ils prêchent la bonne parole aux jeunes et accueillent tous les jours de nouveaux convertis qui sont désormais persuadés que la religion de leurs anciens est celle du diable. Bon nombre de jeunes convertis vivent en harmonie avec leurs aînés, mais dans certains cas, le passage au christianisme est vécu comme un abandon ou une insulte.
Pour les Akhas, l’univers est peuplé d’esprits ; certains sont bons, d’autres sont mauvais, mais tous ont un important impact physique sur la nature et l’environnement dans lequel l’homme évolue. Ils croient en un cycle d’équilibre naturel qui permet de tenir en harmonie tout ce qui les entoure. L’interruption de ce cycle peut provoquer quelque chose de grave dans la communauté. La religion est l’épine dorsale de toute la société Akha et leurs festivals et célébrations religieuses ont une signification importante dans leur vie de tous les jours ; les événements majeurs de l’année rentrent eux-mêmes dans un autre cycle qui fonctionne en parallèle avec leurs croyances. Pareillement, l’interruption de ce cycle de vie communautaire pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le peuple Akha et mènerait même à leur dispersion, voire à leur disparition.
Nous avons une demi-journée pour apprendre ce que nous pouvons de ce peuple. La barrière de la langue n’est pourtant franchie que par une personne dans notre entourage, et c’est donc avec Jim que nous discutons le plus. Parfois, dans un élans de curiosité, l’une des femmes Akha interviendra en coupant la parole à notre interlocuteur et posera une question directement à l’un de nous dans sa langue. Rires et sourires s’en suivent, illustrant l’incompréhension absolue entre elles et nous. Cette même soirée, la petite fille d’Aphi Mina nous accueille chez elle avec sa famille pour déguster un festin de plats Akha. Du poulet, du porc, beaucoup de légumes et des sauces epices présentes sur deux grandes tables rondes ; chacun est muni d’un petit bol, de baguettes et d’une portion de riz.
Le repas terminé, des couvertures sont distribuées et nous dormons à même le sol, dans cette pièce centrale ou nous avons mangé et ou les femmes ont brodé tout au long de la soirée.
Jack McKeown
Etape 11 : Chiang Mai et Pai (15/09/2010)
Après une nuit de bus, une journée de train, et plus de 1 150 km, nous atteignons la capitale du nord, Chiang Mai. C’est là que nous rencontrerons Novica, notre entrepreneur Thaïlandais. A notre arrivée tardive dans l’enceinte de la vieille ville, Chiang Mai donne l’impression d’une ville calme, protégée par ses remparts et apaisée par ses nombreux temples bouddhistes. La journée, nous cheminons entre les stupas et les statuts de Bouddha, et nous nous laissons doucement happer par la sérénité de la vieille ville, qui abrite des temples vieux de plus de six siècles. Nous rencontrons des moines qui en cinq minutes tentent de nous enseigner la position de méditation, et nous tentons d’apprendre plus en détail les significations des différentes positions du Bouddha.
Néanmoins, nous prenons vite conscience que cette ville de seulement 210 000 habitants abrite tout de même une vie économique, culturelle et touristique importante. Le soir, à vélo, nous circulons au pied de tours de plusieurs dizaines d’étages qui imposent la présence des grands hôtels internationaux. Nous nous arrêtons au marché de nuit, où un vieil afghan autochtone, dont les parents étaient venus à pied d’Afghanistan il y a plus de soixante ans, nous décrit la rapide croissance du tourisme à Chiang Mai, qui attire pour ses nombreux trekking dans la jungle à la rencontre des tribus locales, ou ses balades à dos d‘éléphants.
Nous décidons d’aller plus loin dans les terres, en direction de la frontière birmane, et nous nous arrêtons à Pai, joli petit village au pied des montagnes. Pai est devenu très touristique en quelques années, notamment dû à ses paysages, et aux activités qu’offrent les alentours. Après une escapade dans un canyon et deux baignades dans des cascades naturelles, nous rencontrons un français propriétaire d’un bar qui vit à Pai depuis six ans. A son contact, nous comprenons l’esprit de cette ville qui a attiré tant de jeunes occidentaux en fuite, et où il fait si bon vivre. Il y a quelques années les prix y étaient encore plus bas qu’aujourd’hui, et le village semblait propice à un certain type de tourisme, jeune et festif. Les hauts lieux de la culture de l’opium n’est pas loin, et de nombreux nostalgiques des années hippies, américains, anglais, français ou israéliens, s’y sont installés. De nombreux bars lounge, restaurants ou resort ont vu le jour rapidement, si bien qu’aujourd’hui, la ville devient trop chère pour les locaux. Parallèlement les touristes ne peuvent que se plaire sur la terrasse d’un bungalow sur pilotis avec vue sur le vieux pont et la rivière, ou le soir, au contact de nombreux backpackers qui racontent leur voyage et s’amusent, allongés sur un matelas, écoutant un groupe de rock dans un bar au design drôle et épuré.
Romain Cahané
Etape 10 : le sud de la Thaïlande (07/09/2010)
A notre retour dans la capitale Thaïlandaise nous ne restons pas même le temps d’une journée : nous voulons atteindre le sud et ses îles rapidement. Nos derniers jours dans le nord du Vietnam ont été marqués par une mousson moutonnière, nous avons besoin de soleil, au moins pour sécher notre paquetage.
Notre choix se porte sur Koh Tao, l’île de la tortue, dont la réputation dépasse de loin sa superficie. Située dans le golfe de Thaïlande, elle est principalement connue pour son univers subaquatique riche de coraux multicolores et d’une faune extravagante. Les locaux ont fait de cette ancienne île prison un havre de paix à l’ambiance de bout du monde.
A notre arrivée, on est surpris de voir l’harmonie entre l’architecture de front de mer et son environnement. En regardant attentivement on distingue une multitude de bungalows sur les récifs et entre les cocotiers, ne prenant pas le pas sur la nature. Cette façade cache la vie intense que renferme cette île paisible mais dynamique. Ce n’est que le soir que Koh Tao montre son vrai visage au grand large : les jongleurs et autres cracheurs de feux sortent sur la plage et offrent un spectacle flamboyant à l’esthétique apaisante et aux odeurs d’essence.
Une conscience environnementale forte anime les locaux. Ils savent que l’île, son allure, sa végétation, et ses coraux, doivent être préservés pour continuer à séduire ses hôtes. Notre hôtel, par exemple, expérimentait un système d’assainissement d’eau : l’eau non recyclable des cuisines et de la laverie est reversée dans une fosse où une bambouseraie s’occupe d’absorber l’eau et les toxines. Une fois le bambou grand et gorgé de toxines, il est coupé et brulé.
Nous avons profité de notre passage sur Koh Tao pour découvrir la plongée. Nous sommes bien loin de nos fonds marins méditerranéens où la surpêche nous laisse peu d’occasion de croiser un poisson. Mais la plus grande différence réside dans la présence de coraux. Mi minéral, mi animal, les coraux construisent des édifices naturels féeriques.
Nous avons au final passé une semaine sur cette petite île au charme impeccable. En un mois nous avions traversé deux pays, fait quelques 5500 kilomètres et 105 heures de transport, et travaillé avec deux entrepreneurs. La sédentarisation était bien tombée.
Benjamin Sachs
Etape 9 : La Baie d’Halong (26/08/2010)
Selon la légende, au nord-est du Vietnam, dans le golfe du Tonkin, l’Empereur de Jade aurait envoyé un dragon pour protéger les Viets de leurs envahisseurs. Une fois la victoire contre leurs voisins acquise, le dragon élut domicile dans la baie d’Halong, “la baie ou le dragon descend“. Apparemment il s’y plu et s’y reproduisit, puisque la baie voisine, Tu Long, signifie “Les petits dragons se prosternent devant leur mère“. De fait, les Mongols et les Chinois, brisèrent à deux reprises leurs velléités de conquête et leurs flottes sur les roches de ce golfe légendaire.
Aujourd’hui, au nord-est du Vietnam, le dragon et sa descendance se sont transformés en milliers de petites îles calcaires et schistes qui s’étendent sur 1550 Km². Et à Hanoï, il s’est métamorphosé en milliers d’agences de voyage, en concurrences pour vendre « L’attraction touristique » du Vietnam, une croisière sur la baie d’Halong. Sur la terrasse d’une jonque traditionnelle, cocktail à la main, la baie défile devant vous, le scénario laisse rêveur.
Notre séjour sur la baie fut différent, la cape de nuage et la pluie ne nous ont pas permis de vivre cette idylle. Mais la baie nous a offert un tout autre spectacle, celui d’une forteresse sous la brume, mystique et immensurable. Le golfe du Tonkin, vieux de 300 millions d’années, devait ressembler à ça, lors de l’attaque des voisins du nord.
Dans les rues d’Hanoï, la rencontre improbable d’un ami allemand, croisé 6 ans plus tôt en Finlande, nous a également emmené jusqu’à Quan Lan, une petite île de la baie de Tu Long. Cette baie, jumelle de sa célèbre voisine, garde secrètement des plages désertes et grandioses.
Dans cet endroit vierge de tourisme, une famille vietnamienne proposait des chambres d’hôtes pour les touristes en quêtent de bout du monde. La soirée en leur compagnie a été chaleureuse, le football et le karaoké nous ont permis d’échanger plus qu’on ne l’espérait. Au moment de les quitter, ils ont bien essayé de nous convaincre de nous abriter, mais têtus et inexpérimentés, nous avons préféré dormir sur la plage, sous les étoiles, avec pour horizon un mur d’orage. Le mois d’août est maintenant avancé et il est difficile d’échapper à la mousson…
Benjamin Sachs
Etape 8 : Hanoi (26/08/2010)
Nous voici à Hanoi, la capitale et la dernière étape du Vietnam. Nous y arrivons le matin par bus de nuit, suite a une escale d’un jour et une nuit a Hue, ancienne capitale dynastique du pays. Nous avons circulé a vélo dans toute la citadelle qui occupe la majorité de la ville, et malgré une pluie battante qui s’est abattue sur ce gigantesque complexe impérial, nous avons pu en voir une très grosse partie. La visite de Hue fut très brève puisque nous décidons de repartir pour Hanoi le soir meme en bus pour une arrivée dans la capitale au petit matin.
Hanoi est une ville compacte, serrée et bourdonnante. Cette ville ne ressemble pas aux autres villes que nous avons pu visiter depuis notre arrivée au Vietnam. Les habitants d’Hanoi ne remarquent presque pas notre présence, ni celle des autres touristes pourtant nombreux. La vieille ville, ou nous décidons d’élire domicile n’a rien d’un quartier traditionnel ; les commerces y sont nombreux, les trottoirs n’y existent plus et les commerçants ambulants envahissent cycliquement chaque coin de rue. Les immeubles ne font rarement pas plus de quatre mètres de large, et leurs hauteurs discordantes ressemblent à une partie de lego en manque de supervision. Du béton, des barreaux, de la taule, du bois et du bambou ; si la matière est plus ou moins solide, elle peut être utilisée pour une terrasse, un toit, un mur…
De toute façon, même si l’architecture est bâclée, à Hanoi, c’est dans la rue que tout le monde vit. C’est sur le trottoir, sur des petits tabourets en plastique que trois générations de familles se côtoient pour cuisiner, manger, faire une lessive ou faire des devoirs d’école. Sans confirmation « officielle », on nous raconte que l’esprit entrepreneur, la motivation et la soif d’argent que l’on peut trouver autre part, sont atténuées par la doctrine communiste du pays qui est maintenant fièrement établit dans la capitale. Mais ceci n’est pas forcement négatif ; apparemment, beaucoup se contentent de leur train de vie minimal, tandis que d’autres ne peuvent s’empêcher de réagir face a la vitrine capitaliste qui vient de plus en plus s’imposer dans les rues de la forteresse idéologique socialiste qu’est Hanoi.
Ce que l’on remarque immédiatement ici, c’est la culture chinoise omniprésente que l’on trouve dans l’architecture traditionnelle, la religion, la cuisine et la ténacité du « Parti », qui parsème la ville de policiers en continuité tant pendant la journée que le soir pour implémenter le couvre feu, à partir de onze heures du soir. Un établissement qui est encore ouvert sur la rue à minuit se verra fermer ses portes de force par la police qui confisquera même les tables et chaises qui se trouvent sur le trottoir.
Craft Link, l’entrepreneur que nous avons sélectionné au Vietnam, occupe plusieurs journées d’activités culturelles et de visites d’artisans dans les alentours d’Hanoi. Cette équipe enthousiaste, autant au niveau commercial que culturel, nous laisse comprendre en peu de temps sa motivation et son travail colossal avec les tribus, les peuples reculés et les artisans handicapés.
L ‘un des endroit les plus visités de la ville est le Temple de la Littérature. Ce n’est pas exactement un temple mais plutôt la première université du Vietnam fondé en 1070. Dans ce lieu très fréquenté, à l’architecture parfaitement préservée mais spécialement vide, on apprend tout de même comment se déroulaient les études des rares lauréats de l’institution réservée aux nobles et à l’élite de la société vietnamienne. Les examens, qui couvraient des sujets aussi variés que la philosophie, la poésie et la médecine étaient d’une difficulté extrême, ne laissant qu’une poignée de survivants qui ont aujourd’hui encore leurs noms inscrits sur des tablettes de pierres montées sur dos de tortues, symboles de sagesse.
Le soir, une réservation nous attend tout près de ce temple. Koto est un restaurant fondé par un philippin de renommée internationale, et a pour but de former la jeunesse de rue vietnamienne à l’hôtellerie, du service à la cuisine. Le resultat est agréable, impeccable, professionnel ; l’ambiance de la terrasse sur le toit de l’immeuble couronne dignement cette expérience, mais rien ne vaudra le sourire des serveurs qui se sont tenus prêts à bondir à n’importe quelle requête.
Plus tard, avant ce fameux couvre feu, touristes, expatriés et vietnamiens se retrouvent a un croisement de rues de la vieille ville pour boire une bière très légère et désaltérante. Assis encore une fois, en pleine circulation, sur des tabourets en plastique qui nous rappellent l’école maternelle, la rencontre y est facile et un humour international fait vibrer le bitume devenu invisible. Les vietnamiens appellent ca le Bia Hoi, ce qui veut simplement dire : Bière Fraiche.
A Hanoi, on se sent assis sur une barrière sans savoir de quel côté on va tomber ; parfois on peut se sentir rejeté, seul et isolé, tandis qu’à d’autres moments vous serez invité a boire un verre, a chanter une chanson sans jamais réussir a prononcer les paroles, ou a échantillonner le café local, une deux ou trois fois… Dans cette ville, il semblerait qu’il faut être au bon endroit au bon moment, c’est ce qui provoque le bonheur ou le malheur d’un séjour dans la capitale.
Jack McKeown
Etape 7 : Hoi Han (9/08/2010)
Avec ses airs de mignon préfabriqué et de décor cinématique façon vietnamienne, Hoi An pourrait presque paraître grotesque, à la différence que tout est absolument authentique. Une architecture coloniale harmonieusement partagée entre la Chine, la France et le Japon trace des perspectives agréablement ordonnées où prédomine un jaune lavé par le soleil et l’humidité de la cote vietnamienne. Le matin de notre arrivée, nous traversons la ville d’un pas lent et dans le silence, le regard rivé sur chaque porte, chaque balcon, chaque mur vierge de publicités et d’affiches.
Sur les façades de bâtiments n’excédent jamais les deux etages ; des petits toits aux tuiles légèrement courbés encadrent des balcons aux poutres épaisses. Comme partout au Vietnam, les maisons sont étroites ; et ici à Hoi An, les commerces s’enchainent sans désordre mais en nous laissant comprendre que le tourisme fait vivre toute la ville. Les restaurants et bars au design moderne et soigné, les galeries d’art contemporain, les boutiques de tailleurs aux centaines de mannequins vêtus de costumes de soie ; tous se tiennent prêts à faire dépenser les touristes dans le confort et l’émerveillement.
L’hôtel que nous choisissons se trouve tout près du marché. Basique mais plus cher qu’ailleurs au Vietnam, nous avons quand meme droit à un balcon en bout de couloir qui surplombe la rivière Thu Bon, au delà de laquelle se trouve l’ile de An Hoi. Ici, il n’y a pas de tours de béton, pas de salons de karaoké, pas de voitures ; c’est une ville paisible, les habitants sont agréables et, la nuit tombée, les lanternes chinoises flottent comme des méduses rouges tout le long des rues.
Pour regagner Le Loi, notre point de repère dans le centre de la vielle ville, nous traversons régulièrement le marché ; installé le long de la rivière ou les fruits de mer sont fraichement débarquées, une population de chapeaux coniques s’affairent autour de paniers de fruits, de légumes et d’étalages de viandes. Bien que tout ceci se passe sous des bâches rarement élevées à une hauteur suffisante pour le passage de quatre européens, nous apprécions l’éveil des sens que procure ce chaos culinaire. Plus tard ce meme soir nous nous installerons sur une terrasse pour déguster le plus lentement possible un poisson grille dans la citronnelle et l’ail, servi a l’intérieur d’une feuille de banane minutieusement ligotée.
Jack McKeown
Etape 6 : Nha Trang et les hauts plateaux (04/08/2010)
Nous partons pour Nha Trang, plus grande station balnéaire du pays, connue pour sa plage et la centaine de petites îles qui la bordent. Cette ville est un petit ersatz de la Costa Brava espagnole mais c’est l’occasion pour nous de se baigner pour la première fois dans la mer de Chine.
Après trois semaines de voyage en bus sur les autoroutes du Cambodge et du Vietnam, nous ressentons le besoin de découvrir par nous même ce pays et le peuple Vietnamien, celui des campagnes et des villages reculés qui ne connaissent pas le tourisme. Une idée en l’air qui se concrétise autour d’un café au Bouchon, lieu de rassemblement des expatriés Français de Nha Trang. On sort les cartes, on mange des quenelles, et on trace un itinéraire. Notre appréhension des routes Vietnamiennes reste forte, ici il n’a pas de code de la route, pas de priorité à droite, pas de stop et peu de feux rouges. La conduite est basée sur l’instinct, l’interprétation et les klaxons, qu’ils utilisent plus que leurs freins. Malgré tout, la décision est prise et le départ est prévu le lendemain à 10h00. On se met à sillonner la ville à la recherche de loueurs de deux roues.
La carte en tête, on longe la côte vers le nord sur trente kilomètres, au panneau bleu, écrit en vietnamien, on prend à gauche. Les montagnes et les hauts plateaux à l’horizon on tourne le dos à la mer et on s’enfonce dans les terres vietnamiennes. La nuit tombe à 18h00 et il faut atteindre Buon Ma Thuot d’ici là. Cette première étape est de 210 km, et à notre arrivée on est assommés.
Le lendemain, on se sent beaucoup plus à l’aise sur la route, mais les ronds points restent problématiques. Imaginez une place de l’étoile sans priorité à droite, c’est chaotique ! Au menu de cette deuxième journée, la découverte des hauts plateaux du centre du Vietnam une région fertile d’origine volcanique, traversée de rivières et parsemée de lacs. On y trouve de nombreuses minorités ethniques vivant pour l’essentiel de l’agriculture et d’élevage. Cette région a souffert des épandages d’Agent Orange et de Napalm par l’armée américaine, mais la nature a repris le dessus et on y trouve de vastes plantations de café, des forêts profondes, des cascades, et des ethnies dont certaines familles continuent d’élever des éléphants et proposent des ballades sur leur dos.
Le deuxième soir nous nous arrêtons sur les rives du lac Lak, mire de notre voyage, et nous sommes fatigués à raison d’une deuxième journée riche. On a plongé dans les cascades de Dray Sap, rencontré des minorités locales, et roulé pendant 140 km dans des paysages d’un vert brillant et apaisant. Le soir même, on s’installe dans une maison traditionnelle des Tay Thais, une longue case sur pilotis dont les murs sont en vannerie de bambou et le toit en paille de rizière. La soirée est calme, on profite de la lumière diffuse du lac et du ciel étoilé.
Le troisième jour on repart finalement pour Nha Trang ou les loueurs, nos sacs et la suite de notre remonté vers Hanoï nous attendent. Cette parenthèse de trois jours, a été une grande réussite. On a découvert un Vietnam plus calme et un peuple chaleureux. Ne parlant pas Vietnamien, nos discussions n’étaient pas profondes mais elles étaient riches de sourires et de bonnes attentions.
Note de l’auteur : Une des satisfactions de cette expédition aura été la moto que j’avais loué, une Minsk datant de la guerre du Vietnam qui a tenu les 700 km et notre rythme effréné. De sentir cette vieille mécanique vibrer dans chaque virage, et pétarder à me rendre sourd, a agrémenté cette escapade de suspense et de magie.
Benjamin Sachs
Etape 5 : Ho Chi Minh Ville, l’arrivée au Vietnam (01/08/2010)
Le 31 juillet, nous quittons Phnom Penh. Notre bus traverse le Mekong sur un ferry avant de continuer la route pour gagner la frontière. Les officiers vêtus d’uniformes verts et de casquettes de type soviétique, portant l’étoile rouge sur les épaulettes, annoncent déjà les grandes affiches de propagande abordant les routes jusqu’aux rues d’Ho Chi Minh Ville.
La ville nous offre les premières impressions d’un Vietnam dynamique et agité, ouvert à la modernité mais rongé par une constante ambiguïté entre économie capitaliste et gouvernement communiste. Ho Chi Minh est gigantesque et frénétique. Nous marchons face à un paysage urbain désarticulé, tantôt jonché de monticules de cables électriques et de panneaux publicitaires, tantôt délimité par de surprenants vestiges du colonialisme ou des jardins bien entretenus.
Le Musée de Souvenirs de Guerre fût une étape marquante. Au delà des chars et des avions américains ornant la cours d’entrée, après les explications historiques sur le rôle de la France dans la guerre du Vietnam, une fois passées les horribles photos montrant des vietnamiens déformés victimes d’acides et autres armes biologiques, nous abordons l’étonnante exposition Requiem. Les dernières photographies de grands reporters de guerre morts au Vietnam sont exposées dans l’ordre chronologique, depuis la guerre d’Indochine jusqu’au départ des américains. Les dernières péllicules de Robert Capa, Henri Huet ou encore Larry Burrows, laissent deviner l’horreur à travers la sueur des combats et la violence de la guerre où sont tombés les plus grands soldats de la photo, sur le premier champs de bataille médiatisé de notre histoire.
Romain Cahané
Etape 4 : Phnom Penh (01/08/2010)
Notre travail a Batambang terminé, nous prenons un bus direction Phnom Penh. On traverse ainsi une bonne partie du Cambodge à discuter de notre travail pour Phare, de ce qu’il faut garder ou améliorer, on en profite aussi pour se reposer et profiter du paysage. Un décor rempli de vert et de rizières, une route jonchée de maison sur pilotis de plusieurs mètres de haut, certaines avec une passerelle reliée à la route, et d’autres non, à se demander comment les locaux peuvent y accéder.
Notre arrivée à Phnom Penh fut mouvementée, à peine un pied dehors, qu’une horde de rabatteur pour les hôtels ou chauffeurs de tuk tuk nous propose leurs services. Un moment assez drôle, car les voix se chevauchent, les prix fusent, mais impossible de comprendre une offre claire.
Après recherche, une boisson fraiche et une balade au bord du Mekong, nous trouvons un petit hôtel, dans le quartier de Lake Side, la « Happy Guest House ». Des chambres exiguës, tout juste équipées d’un ventilateur, mais vu le prix, on ne pouvait pas espérer mieux. Pourtant, c’est sur la terrasse que cet hôtel prend toute sa valeur. Toute en bois, construite à même sur l’eau, donnant sur un lac, elle est remplie de canapés, d’un billard et même des hamacs. Il a juste fallut rajouter, le soir, quelques guirlandes, du rock américain et quelques touristes pour se croire dans un film hollywoodien de la guerre du Vietnam.
Après avoir récupéré de notre voyage, nous partons à la rencontre de Meta House, une galerie d’art contemporain qui se veut être une plateforme d’échange entre artistes et particuliers dans des domaines d’art différents comme la peinture ou la musique. Nous avons finalement décidé de ne pas travailler avec eux car l’activité de Meta House et son fonctionnement ne remplissaient pas tous les critères de l’entrepreneuriat social. Nous vous invitons quand même à visiter leur site internet, car leur dynamique et leurs activités sont très intéressantes.
Ayant du temps de libre, nous sommes allés à la rencontre d’Alain Arnaudet, directeur du Centre Culturel Français. Il nous exposa la situation de l’art Cambodgien, et a pu étayer certaines réponses nécessaires à la compréhension des activités de Phare Ponleu Selpak et de Meta House.
On ne pouvait quitter Phnom Penh sans découvrir les vestiges du régime des Khmers Rouges. Nous décidons de prendre la route des « Killing Fields », un champs parsemé de trou, où les cambodgiens étaient tassés, tués par balles ou par un coup sur la tête. Ces trous étaient remplis d’acide pour achever les survivants et cacher les odeurs. Il y avait aussi deux arbres dans ce champs. L’un d’eux était utilisé pour tuer les enfants avec une barbarie inhumaine. L’autre était équipé d’enceinte de musique qui couvrait le bruit des victimes. Nous vous laissons deviner comme cette vision a pu être troublante. De plus, ce camp n’était pas le seul camp d’extermination, il y en avait des centaines dans tout le Cambodge. En moins de quatre ans, plus de 1,7 millions de Cambodgiens ont péri dans ces camps, soit 21% de la population. Nous avons ensuite visité la prison S21 dans le centre de Phnom Penh, une ancienne école transformée en un centre de détention et de torture. On pouvait y voir des cellules n’excédant pas les 2m2, des salles de torture ne contenant qu’un lit en métal où les détenus étaient menottés. Nous avons aussi assisté à la projection d’un film d’un artiste peintre, ancien détenu, accompagné de l’un de ces anciens geôliers, commentant des tableaux illustrant des scènes de torture. « Est ce que ça s’est passé comme ça ? » disais le peintre, « Oui, ça c’est passé comme ça… » rétorquait l’ancien soldat.
Pendant notre présence à Phnom Penh, le procès du « Duch », ancien responsable de la prison S21, avait lieu. Tous les journaux en parlaient. La sentence fut annoncé : 35 ans de prison ferme. En y retirant les différentes réductions de peine, il ne passera que 19 ans en prison. A 67 ans, et en pleine forme, les médias cambodgiens le voient déjà libre malgré toutes les atrocités qu’il a ordonné…
Maintenant Artis Mundi s’apprête à quitter Phnom Penh et son histoire. Mais Phnom Penh c’est aussi la découverte de l’imposant Palais Royal, la visite de Temple de Wat Phnom, un accident de tuk tuk impressionnant mais heureusement sans gravité et les rencontres avec les Cambodgiens dont « Mr Nap », l’homme qui siestait toute la journée dans les hamacs.
Nicolas Perinetti
Etape 3: Rencontre avec Phare Ponleu Selpak (26/07/2010)
Nous sommes dans le Chayya hôtel à Battambang, un petit hôtel choisi sur les conseils du Lonely Planet. Les ventilateurs au maximum, les corps allongés et immobiles, nous continuons malgré tout à perdre des litres de sueur et supportons tant bien que mal la chaleur. Cela fait maintenant deux jours que nous sommes arrivés de Siem Reap et que nous découvrons notre premier entrepreneur asiatique, Phare Ponleu Selpak.
De notre voyage entre Siem Reap et Battambang, il n’y a pas grand chose à dire, fatigué nous avons dormi la majeure partie du trajet.
Bien que deuxième plus grande ville du Cambodge, Batambang est beaucoup plus calme que Siem Reap, il faut dire que cette ville n’est pas une destination touristique. Les seules attractions que l’on y trouve, sont un train en Bambou, des cours d’aérobic et Phare Ponleu Selpak. Cette association est née il y a 25 ans dans un camp de réfugiés en Thaïlande à la frontière du Cambodge. Les fondateurs, orphelins, s’y sont rencontrés lors de cours de dessin assurés par une professeure française. En 1993, après les accords de Paris, les Cambodgiens sont appelés à rentrer chez eux, c’est alors que les 9 membres fondateurs décidèrent de lancer le projet de Phare. A l’origine c’était un espace où les enfants étaient invités à venir dessiner pour s’exprimer à travers l’art et surmonter leurs traumatismes. 24 ans après, ce projet a pris une toute autre ampleur, il est l’un des centres culturels les plus actifs du pays. Aujourd’hui Phare Ponleu Selpak est à la fois un orphelinat, une bibliothèque, une école primaire, un collège et un lycée et propose aux enfants des ateliers de cirques, d’art plastiques, de théâtre, de danse, de musique, de graphisme, et de réalisation de dessins animés. Elle offre, pour ses bénéficiaires, une prise en charge (éducation, santé et alimentaire) et pour ceux qui le souhaitent, une professionnalisation dans l’art plastique, le cirque ou le théâtre avec à la clé de réelles perspectives d’avenir.
Cet entrepreneur est un très bon exemple d’entrepreneuriat social et culturel, et une grande satisfaction pour notre équipe.
Chez Phare, les rencontres se sont faites facilement. Jean-Christophe, responsable de l’ONG, nous présente aux membres fondateurs, à des artistes cambodgiens, mais aussi à des extérieurs de passage chez eux : par exemple Ashley Thomson, américaine professeur à la Fac à Phnom Penh, experte du Cambodge et de la langue Khmère, ou Karine, professeur de français au lycée français de Dacca, Bangladesh. Ces rencontres nous amènent à découvrir le Madison, un bar tenu par Patrice, un expatrié français qui accueille des concerts de musiciens de Phare. Nous y rencontrons des françaises étudiantes en médecine et en échange à l’hôpital de Batambang, Juliette, étudiante à Lyon et professeur de dessin pour l’été chez Phare, ou encore des voyageurs de passage, qui ont tous quitté et tous vendu et sont à la recherche de la terre promise.
C’est dans ce cadre, qu’Artis Mundi a réalisé son premier reportage. Des plannings chargés et beaucoup d’énergie, mais aussi de belles rencontres et on l’espère, des images qui vous plairont. Nous sommes ravis que Phare ait été notre premier entrepreneur, car il correspond exactement à nos idéaux: de la culture au service du social dans un cadre entrepreneurial…
Benjamin Sachs
Etape 2: Siem Reap et la découverte du Cambodge (19/07/2010)
Aujourd’hui nous avons fait la route pour Batambang, d’où nous écrivons cet article. Après 1 journée de route depuis Bangkok, la traversée de la frontière, puis 2 soirées et une journée à Siem Reap, nous repensons à ces premières odeurs, à cette rencontre avec le Cambodge. Fatigué d’une nuit difficile, nous prenons le bus de Bangkok avec satisfaction. Nous mangeons un plat de nouilles en bord de route pendant que la douane nous fait nos visas. Puis nous faisons une queue d’une demi-heure, tout en admirant les alentours : des tuk-tuk partout, des cambodgiens poussant des montagnes de bidons ou de marchandises sur de petites remorques en bois, des pouss-pouss à vélo, couverts du soleil par des chapeaux en coton assortis à leur sareng, sorte de foulard cambodgien à petits carreaux.
Enfin, nous arrivons à Siem Reap. Après s’être reposé à l’hôtel, nous nous promenons pour la première fois sur des chemins de terres. Des chiens marchent à nos côtés, et les odeurs d’ordures et de nourriture se mélangent, avant d’arriver sur Pub Street, le quartier des bars, des restaurants et des touristes, où nous ferons notre premier Fish Massage: mettez vos pieds dans un bassin d’eau, et laissez les petits poissons vous grignoter les peaux mortes et vous chatouiller les pieds jusqu’au fou rire. C’est dans la cours de l’hôtel que nous retrouvons un américain que nous avons rencontré à la frontière. Bren Dalton, 32 ans, grand voyageur et professeur d’histoire dans un lycée du Tenessee, sera notre compagnon de voyage sur tout le Cambodge, qu’il devait visiter dans la même sens que nous : Siem Reap, Batambang, et enfin Phnom Penh, la capitale.
Le lendemain, nous visitons les temples d’Angkor, patrimoine mondial de l’humanité et ancienne capitale de l’ Empire Khmer du IVème au XVème siècle.
8h du matin, le réveil sonne, le programme de la journée est d’aller découvrir les temples d’Angkor. Après un petit breakfast et une bonne négociation pour avoir un Tuk-Tuk toute journée, on prend la route. Pour 20 $ par personnes par jour, on peut se balader de temple en temple comme bon nous semble. Il y a trois temples qui ont retenu notre attention.
Le premier, le temple d’ANGKOR WAT, c’est le temple le plus grand d’Angkor. Déjà, on se laisse impressionner par sa taille et ses jardins et on peut y voir des couloirs interminables recouverts de bas-reliefs.
Le deuxième, le temple de TA PHROM, on marche sur un chemin, entouré par la jungle, en écoutant un groupe de musicien Khmer et on distingue petit à petit, enfoui dans la jungle, un temple… On ne sait pas qui de la nature ou du temple a pris le dessus, un équilibre parfait. C’est un vrai parcours du combattant à l’intérieur, entre mur effondré et couloirs étroits, on se faufile à la découverte de ce temple.
Le troisième temple, le temple de BAYON, est un plus petit temple mais d’une architecture très dense, on est entouré même envahit par la pierre, des couloirs sans éclairage, on doit allumer nos briquets pour pouvoir continuer à s’y aventurer, et son niveau supérieur est rempli par des statuts à l’effigie de BRAHMA, le créateur.
Nous vous invitons à regarder nos photos en espérant qu’un jour vous les verrez de vos propres yeux.
Nicolas Perinetti
Etape 1: Escale à Amman et Bangkok (18/07/2010)
Depuis notre départ mercredi dernier (14 juillet) et en l’espace de trois jours, nous avons fait escale à Amman, découvert Bangkok et Kao San road, symbole d’une Asie hyperactive dont la bataille d’enseignes n’a rien à envier à Time Square.
Nous avons expérimenté quelques incontournables de ces destinations, fumé un narguilé sur les toits d’Amman, découvert Bangkok en tuk-tuk, mangé des pads thaïs, des soupes de nouilles et autres plats traditionnels simples et économiques.
Kao San Road est le quartier de Bangkok où nous nous installons pour 2 jours avant de partir au Cambodge. C’est un quartier très touristique, grouillant d’animation, de backpackers, de noctambules thaïlandais, et de petits vendeurs ambulants qui proposent, par exemple, de déguster des sauterelles, des larves ou des scorpions grillés à la sauce soja.
Ces trois jours on été d’une grande intensité. Bangkok nous a happé par sa frénésie, laissant loin derrière nous le narguilé d’Amman et le son des prières des Imams. Cette ville sans complexe, dont la folie séduisante invite le voyageur à vivre des nuits sans sommeil.
Demain nous partons pour le Cambodge, direction Siem Reap, ville des temples d’Angkor.
Benjamin Sachs
